L’essentiel à retenir : le terrible two est une étape normale du développement de l’enfant, marquée par des colères intenses liées à son besoin d’autonomie naissant. Il ne s’agit pas de caprices mais d’une véritable crise de croissance émotionnelle. Avec de l’empathie parentale, un cadre éducatif stable et quelques astuces concrètes, cette phase se traverse sans y laisser (trop de) plumes 😊.
Sommaire
- Qu’est-ce que le terrible two ?
- Pourquoi cette crise survient-elle ?
- Quand commence et combien de temps dure le terrible two ?
- Comment adopter la bonne attitude face aux crises
- Nos astuces concrètes pour gérer le quotidien
- Les erreurs à éviter avec un enfant en pleine crise
- Terrible two ou wonderful two : une phase transitoire à traverser ensemble
| Aspect | Détail |
|---|---|
| Âge de début | Entre 18 mois et 2 ans |
| Durée moyenne | 6 mois à 1 an et demi |
| Fréquence des crises | 1 à plusieurs fois par jour selon les enfants |
| Causes principales | Besoin d’autonomie, frustration langagière |
| Attitude recommandée | Calme, cadre stable, empathie |
Qu’est-ce que le terrible two ?
Le terrible two, littéralement les « terribles deux ans », désigne cette période où votre bambin, jusque-là plutôt facile à vivre, se transforme parfois en petit tyran capricieux. Cris, pleurs, sol par terre au supermarché : bienvenue dans la crise des 2 ans ! Franchement, aucun parent n’y échappe totalement.
Ce n’est pas un caprice au sens où on l’entend souvent, mais une étape clé du développement de l’enfant. À cet âge, le cerveau n’a pas encore les outils pour gérer les émotions fortes. La régulation émotionnelle est immature, et le tout-petit exprime sa frustration comme il peut : par des colères.
Ce que j’observe souvent chez les parents que je rencontre, c’est un mélange d’épuisement et de culpabilité face à ces crises. Rassurez-vous : ce n’est ni un échec éducatif, ni un signe que votre enfant « part mal ». C’est une crise de croissance tout à fait naturelle, comme le retard de langage ou l’apprentissage de la propreté qui arrive souvent au même moment.
Pourquoi cette crise survient-elle ?
Vers 2 ans, votre enfant découvre qu’il est une personne à part entière, différente de vous. Il veut choisir ses vêtements, décider de son goûter, marcher tout seul. Ce besoin d’autonomie explose, mais ses capacités motrices et langagières ne suivent pas toujours le rythme de ses envies.
Résultat : une frustration énorme. Il veut, mais il ne peut pas, ou on lui dit non. Et comme il ne sait pas encore mettre des mots sur ce qu’il ressent, tout sort en une explosion : cris, morsures, jets d’objets. C’est ça, l’opposition enfant typique de cette période.
Cette phase n’est pas un problème de discipline, c’est un problème de maturité cérébrale. Le cortex préfrontal, celui qui gère l’inhibition et la patience, se développe très lentement et ne sera pleinement mature qu’à l’âge adulte. Autant dire qu’à 2 ans, votre enfant n’a tout simplement pas encore les moyens neurologiques de se calmer seul.
D’ailleurs, ces mécanismes rejoignent ceux qu’on retrouve plus tard, sous une autre forme, lors de la crise d’adolescence. Même logique de quête d’identité, à des degrés différents.

Quand commence et combien de temps dure le terrible two ?
En général, la crise des 2 ans pointe le bout de son nez vers 18 mois, atteint son pic entre 2 et 3 ans, puis s’atténue progressivement. Chaque enfant a son propre calendrier : certains démarrent plus tôt, d’autres plus tard, et la durée varie beaucoup d’un bambin à l’autre.
Comptez en moyenne entre six mois et un an et demi de crises plus ou moins fréquentes. Certains parents voient la tempête s’apaiser vers 3 ans, d’autres doivent patienter jusqu’à 3 ans et demi. Pas de panique si votre enfant met plus de temps : ce n’est pas une course.
Les signes qui ne trompent pas
Comment savoir si votre enfant traverse bien le terrible two et pas autre chose ? Voici les signaux les plus fréquents :
- Colères soudaines et intenses, souvent sans raison apparente pour un adulte
- Refus systématique, même pour des choses qu’il aimait avant (« non » devient son mot préféré)
- Frustration extrême face à un échec (empiler des cubes, enfiler ses chaussures)
- Besoin constant de tout faire « tout seul », même quand c’est impossible
- Retour en arrière temporaire sur des acquis (sommeil, propreté, langage)
Si ces épisodes s’accompagnent d’un bon développement par ailleurs, il n’y a aucune inquiétude à avoir. Pour vérifier que tout suit son cours côté langage, jetez un œil à notre article sur le développement du langage chez l’enfant.
Comment adopter la bonne attitude face aux crises
Face à une colère qui monte, la tentation est grande de crier plus fort ou de céder pour que ça s’arrête. Mauvaise idée sur les deux tableaux. La parentalité positive propose une autre voie, plus lente mais bien plus efficace sur le long terme.
Rester calme et rassurant
Votre enfant a besoin de sentir qu’un adulte garde le contrôle, même quand lui perd le sien. Respirez, baissez la voix au lieu de la monter, restez proche physiquement si possible. Ce calme apparent, même s’il vous coûte, agit comme un ancrage rassurant pour votre petit.
Un parent qui explose en miroir de la colère de son enfant ne fait qu’amplifier la crise. C’est contre-intuitif, mais moins vous réagissez fort, plus vite la tempête passe généralement.
Verbaliser les émotions de l’enfant
Mettre des mots sur ce qu’il ressent l’aide énormément : « Je vois que tu es en colère parce qu’on doit partir », « Tu es frustré, c’est normal ». Cette empathie parentale ne veut pas dire céder à tout, mais montrer que vous comprenez sa détresse.
Avec le temps, cette verbalisation répétée nourrit sa gestion des émotions future. C’est un peu comme lui prêter votre vocabulaire émotionnel, en attendant qu’il ait le sien. Notre guide complet sur la parentalité positive détaille bien d’autres pistes dans ce sens.

Nos astuces concrètes pour gérer le quotidien
Au-delà de l’attitude générale, quelques ajustements concrets font une vraie différence au quotidien face au terrible two.
Mettre en place des routines
Un cadre éducatif prévisible rassure énormément un enfant de cet âge. Repas, sieste, coucher : plus les horaires sont stables, moins il y a de terrain propice aux crises liées à la fatigue ou à la faim.
Anticiper les déclencheurs
Faim, fatigue, changement brusque d’activité : ce sont les trois grands déclencheurs de colères. Prévenez votre enfant cinq minutes avant de partir du parc, proposez un petit encas avant les courses. Anticiper évite bien des caprices qui n’en sont pas vraiment.
Proposer des activités défouloir
Un enfant qui bouge, court, saute, évacue beaucoup de tension nerveuse. Sortir chaque jour, même dix minutes, aide à canaliser cette énergie avant qu’elle ne se transforme en colère explosive.
- Parcours moteur improvisé dans le salon avec coussins
- Danse libre sur une musique entraînante
- Jeux d’eau ou de sable pour apaiser les sens
- Bouteille sensorielle à secouer pour se recentrer, comme celle présentée dans notre tutoriel bouteille sensorielle
Les erreurs à éviter avec un enfant en pleine crise
Certains réflexes, pourtant naturels, aggravent souvent la situation face à une crise de terrible two. Voici les pièges les plus courants.
Céder systématiquement pour avoir la paix envoie un message confus : la colère devient un moyen efficace d’obtenir ce qu’on veut. À l’inverse, punir sévèrement ou humilier l’enfant (« arrête de pleurer comme un bébé ») ne fait qu’ajouter de la honte à une émotion déjà difficile à gérer pour lui.
Ignorer totalement l’enfant en pleine crise, en pensant qu’il « cherche juste l’attention », peut aussi être contre-productif à cet âge. Contrairement à un enfant plus grand, un tout-petit de 2 ans n’a pas encore la capacité de manipuler consciemment. Sa détresse est réelle, même si elle paraît disproportionnée.
Autre écueil fréquent : négocier en pleine tempête émotionnelle. Un cerveau submergé par la colère n’entend pas la logique. Mieux vaut attendre que le pic redescende avant d’expliquer ou de proposer une alternative. Cette gestion épuisante au quotidien peut d’ailleurs mener certains parents vers un épuisement parental qu’il ne faut pas négliger non plus.

Terrible two ou wonderful two : une phase transitoire à traverser ensemble
Certains spécialistes de la petite enfance préfèrent parler de « wonderful two » plutôt que de terrible two. Et honnêtement, ils n’ont pas tort : cette période est aussi celle des premiers rires complices, des mots qui explosent, de la curiosité débordante.
Ce n’est pas seulement une crise à subir, c’est aussi une formidable étape de construction de soi. Votre enfant apprend qui il est, ce qu’il aime, jusqu’où il peut aller. Cette double lecture aide à relativiser les mauvais jours.
Gardez en tête que cette phase est transitoire. Dans quelques mois, votre enfant aura acquis plus de mots, plus de patience, et les crises s’espaceront naturellement. En attendant, prenez aussi soin de vous : cette période est fatigante, et trouver du temps pour soi reste essentiel pour tenir la distance sans s’épuiser.
Chiffres clés
- La majorité des enfants traversent une phase de colères marquées entre 18 mois et 3 ans
- Les crises durent en moyenne quelques minutes, rarement plus de 10 à 15 minutes chez un enfant reposé
- Le manque de sommeil multiplie fortement la fréquence des colères chez le jeune enfant, selon les repères de l’Organisation mondiale de la santé
- Vers 3 ans, l’acquisition du langage réduit sensiblement la fréquence des crises liées à la frustration de ne pas se faire comprendre
FAQ
Le terrible two touche-t-il tous les enfants ?
Pas systématiquement de la même façon. Certains enfants traversent cette phase avec des colères fréquentes et intenses, d’autres de manière beaucoup plus discrète. Le tempérament de chacun joue un rôle important dans l’intensité vécue.
Faut-il consulter si les crises sont trop fréquentes ?
Si les colères deviennent quotidiennes, très longues, ou s’accompagnent d’une agressivité importante envers soi ou les autres, un avis auprès du pédiatre ou d’un professionnel de la petite enfance peut rassurer. Dans la grande majorité des cas, il s’agit toutefois d’une évolution tout à fait normale.
Le terrible two annonce-t-il un caractère difficile plus tard ?
Absolument pas. Un enfant qui exprime fort ses émotions à 2 ans n’a rien à voir avec son futur caractère d’adulte. C’est même souvent le signe d’une personnalité affirmée qui, bien accompagnée, se transformera en belle assurance.



